Edito
Revenus de vacances ? Prêts à partir ? On en est tous
un peu là. Je me glisse donc entre deux valises pour
vous annoncer la reprise de notre gazette ainsi que celle
du rythme « normal » de nos séances de cinéma.
Rester ?Partir ? Un dilemme qui ne préoccupe plus un
grand homme de cinéma que j’ai envie de saluer en
votre nom , peut-être. Je voudrais rendre hommage à
Bernard Giraudeau qui vient de nous quitter et que
j’appréciais en tant qu’homme engagé et en tant
qu’artiste.
Né à La Rochelle en 1947, petit-fils de Cap-Hornier et
fils de militaire, il s’engage à 15 ans sur la Jeanne-d’Arc
et part pour deux tours du monde qui dureront 7 ans.
De retour à la vie civile à 22 ans il se lie à une troupe
de théâtre itinérante comme on reprend la mer.
Cette année, il aurait fêté ses 37 ans de carrière : une
navigation à vue entre théâtre et grand écran, entre
films populaires et cinéma d’auteurs.
Sous les airs de pirate ou de mâle un peu louche qu’il
aimait à se donner, il laissait exploser une sensibilité
peu commune, déployait une aisance et un charisme
qui ont fait de lui une star.
Depuis ses premiers pas à l’écran avec Jean Gabin
dans DEUX HOMMES DANS LA VILLE (1973), film de
José Giovanni, il enchaîne au fil des années ET LA
TENDRESSE ? BORDEL ! LA BOUM, VIENS CHEZ MOI
J’HABITE CHEZ UNE COPINE pour le côté léger ;
PASSION D’AMOUR, LE GRAND PARDON, RUE BARBARE,
L’ANNÉE DES MÉDUSES, LE FILS PRÉFÉRÉ pour le côté
trouble et ambigu et bien sûr LE RUFFIAN et LES
SPÉCIALISTES pour l’aventure.
Dans les années 90, il va passer derrière la caméra
pour une adaptation de L’AUTRE, roman d’Andrée
Chédid puis pour LES CAPRICES D’UN FLEUVE qui est
un hymne à l’Afrique.
Ces trois dernières années, il va se consacrer à
l’écriture avec LES DAMES DE NAGE et CHER AMOUR,
ouvrages qui seront primés tous les deux.
Un beau parcours pour ce baroudeur aux semelles de
vent, rattrapé par son bateau ivre,cette maladie qui
aura finalement eu raison de lui.
Annick Lejeune
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